Carence en vitamine D, quelles conséquences ?

La vitamine D est une vitamine liposoluble qu’on trouve dans certains types d’aliments : le jaune d’œuf, les poissons gras, l’huile de foie de morue, les produits laitiers, le beurre et la margarine, elle est synthétisée d’une grande partie au niveau de la peau sous l’action des rayonnements ultraviolets B du soleil. Son rôle nutritif est prouvé depuis longtemps, ce qui fait que son déficit peut avoir des répercussions souvent très graves sur la santé.
Un défaut d’apport, une exposition solaire insuffisante ou une maladie de malabsorption comme la maladie de Crohn ou maladie cœliaque, sont à l’origine de cette carence, les femmes enceintes et les enfants sont les plus prédisposés à avoir une carence en vitamine D, car les besoins journaliers augmentent de façon considérable passant de 10 à 15 µg chez l’enfant et l’adolescent, et de 15 à 20 µg chez la femme enceinte ou allaitante.
Parmi les rôles de la vitamine D, on note l’augmentation de l’absorption intestinale du calcium et du phosphore, la fixation du calcium au niveau de l’os ; ce processus est appelé la minéralisation osseuse, l’augmentation de la tonicité musculaire, elle a un effet cardioprotecteur et une activité anti-inflammatoire.
La carence en vitamine D peut provoquer des perturbations physiologiques qui favorisent l’apparition de certaines maladies, parmi elles on trouve :

1- Rachitisme chez l’enfant

Cette pathologie se rencontre surtout chez les nourrissons de 6 à 18 mois et correspond à un défaut de calcification du squelette. Le rachitisme se traduit par des signes osseux : un ramollissement des os du crâne, une augmentation du périmètre crânien, un retard dans la fermeture des fontanelles, des troubles de la dentition, un retard de croissance, les os sont gros et incurvés.
Des signes neurologiques : une hypotonie musculaire généralisée, retard dans l’acquisition de la marche et un retard mental. Des manifestations viscérales : broncho-pneumopathies spasmodiques, spasme du larynx qui peut être mortel pour l’enfant et augmentation de taille des ganglions et de la rate.
Des signes biologiques : une hypophosphorémie (baisse du taux de phosphore sanguin) et une hypocalcémie (baisse du calcium sanguin).

2- Hypocalcémie

La diminution de l’absorption calcique suite à un déficit en vitamine D, cause une hypocalcémie qui peut donner des spasmes, tremblements musculaires, asthénie, troubles du rythme cardiaque voire un dysfonctionnement cardiaque. Dans le cas de l’hypoparathyroïdie, le déficit en vitamine D aggrave une hypocalcémie déjà existante, la supplémentation est systématique afin de prévenir les complications de l’hypocalcémie.

3- Ostéomalacie chez l’adulte

Elle correspond à une déminéralisation généralisée du squelette par insuffisance de fixation phosphocalcique sur la matrice protéique de l’os, ce qui rend l’os poreux. Elle se traduit par des douleurs osseuses, profondes et vives, responsables d’une démarche dite « en canard », des déformations de la colonne vertébrale (cyphose) et du bassin, un tonus musculaire réduit et des fractures spontanées dans les cas graves.

4- Ostéoporose

La vitamine D et le calcium sont recommandés chez les personnes âgées et les femmes ménopausées pour prévenir l’ostéoporose ou ralentir sa progression. En cas de déficit, l’ostéoporose apparaît à un âge précoce d’où la nécessité d’une supplémentation, les spécialistes recommandent une consommation quotidienne de 1,2 g de calcium et de 800-1000 IU (20-25 µg) de vitamine D. Cela se manifeste par une légère augmentation de la densité minérale de l’os, souvent accompagnée d’une diminution du risque de fracture. Selon plusieurs auteurs, les études ont clairement démontré que, pour être efficace, la supplémentation en vitamine D devait être accompagnée d’un supplément de calcium.

5- Maladies cardiovasculaires

La vitamine D est un agent anti-inflammatoire puissant, elle réduit les calcifications des vaisseaux sanguins et baisse la tension artérielle. Sans doute, son déficit a un effet néfaste sur l’équilibre tensionnel et augmente le risque de maladies athéromateuses.

6- Infections

La vitamine D active le système immunitaire inné, qui lutte immédiatement contre les agents infectieux, notamment, les virus. On soupçonne de longue date que les enfants rachitiques ont une susceptibilité marquée aux infections respiratoires ; une étude de 2010 établit un lien entre le taux de la vitamine D et le risque de développer une infection virale respiratoire en période hivernale.

7- Cancers

Selon des études récentes, le risque de cancer du sein baisserait de 25% pour les femmes ayant un niveau de concentration sérique de vitamine D élevé, les femmes avec les taux de vitamine D les plus élevés (> 27 µg/l) auraient un risque de cancer du sein divisé par quatre par rapport aux femmes ayant les taux de vitamine D les plus faibles (< 20 µg/l).
Chez les hommes, une carence en vitamine D augmente le risque de cancer du côlon, les hommes ayant un important taux de vitamine D dans leur sang auraient quasiment deux fois moins de risques de développer un cancer de l’intestin que ceux ayant un taux moins élevé. Des chercheurs ont montré que la vitamine D ralentit l’action d’une protéine clé dans le processus de développement des cellules cancéreuses du côlon. La stimulation du récepteur de la vitamine D inhibe l’action de la protéine β-caténine, bloquant la transformation de cellules intestinales en cellules cancéreuses.

8- Dépression et troubles neurologiques

Les personnes, qui ont un faible taux de vitamine D dans le sang, sont deux fois plus susceptibles de souffrir de dépression que celles qui ont un taux plus élevé. La raison se troLe rôle de la vitamine D est prouvé depuis longtemps, ce qui fait que son déficit peut avoir des répercussions souvent très graves sur la santé.uve dans l’hippocampe, cette petite zone du cerveau impliquée dans la régulation de l’humeur. L’hippocampe possède des récepteurs de vitamine D. Une carence l’empêcherait donc de fonctionner normalement et augmenterait le risque de dépression.
Une carence en vitamine D pourrait augmenter le risque de schizophrénie. Il semble exister une corrélation inverse entre le taux sanguin de vitamine D et le risque de développer une sclérose en plaques, cette corrélation n’a été retrouvée que chez les personnes à la peau blanche. Un taux normal ou légèrement augmenté de vitamine D sanguin améliore le bien-être des patients épileptiques.
En conclusion, une alimentation équilibrée variée et riche en vitamine D, une exposition suffisante au soleil et une supplémentation adéquate sous prescription du médecin, sont les meilleurs moyens pour prévenir toutes ses complications redoutables.